Les salutations de Davila
Je suis très heureuse de pouvoir prendre ma plume une fois de plus pour vous donner quelques nouvelles de nos Centres. Tout d’abord j’espère que vous vous portez bien.

Vous vous souvenez de l’histoire tellement triste de la petite fille mourante, Davila, que son papa nous a amené en février. Elle va très bien à ce jour, elle est heureuse, intégrée auprès de nos enfants à l’orphelinat, où elle a très vite appris à s’épanouir, à rire, chanter, une petite fille heureuse, malgré les traumatismes qu’elle a vécus. Peut-être qu’une scolarisation est à envisager…

 

18 3 spaghettis mit Davila Homepage         18 3 die kleinen Homepage
Davila, en bas à gauche, entourée de ses frères et sœurs                                              La nouvelle génération

Colonie de vacances
C’est la quatrième fois que nous organisons une colonie de vacances en juillet. En plus de nos 37 enfants de l’orphelinat nous invitons une dizaine d’enfants vivant dans des bidonvilles misérables tout autour d’Abidjan. Nous voulons leurs apporter de la joie et du bonheur, afin qu’ils puissent oublier pour quinze jours leur lourd destin, jouer, danser, chanter, bricoler, s’amuser et manger sans restriction avant de repartir chez eux. Je me suis souvent demandée si j’avais le droit de montrer à tous ces enfants ce monde si accueillant fait de rêves et de les raccompagner dans leurs bidonvilles. N’est-ce pas cruel pour eux ! De voir dans quel monde nos enfants vivent, comment ils évoluent et tout ce qu’ils ont : des jeux, l’attention de nos nounous, des accompagnants, et nos jardins… Et finalement je me suis dit que non, je ne dois pas me poser cette question, car ces enfants ont ce qu’il y a de plus beau dans ce monde, une maman à eux. Rien ne remplacera jamais une maman, pas même tout l’or du monde. Des mamans malades elles aussi, qui se portent bien grâce à notre aide et aux traitements. Des mamans qui nous sont reconnaissantes et heureuses de voir leurs enfants grandir dans une certaine sérénité, du peu de joies que nous puissions offrir à leurs enfants pendant deux semaines. Ce sont des moments de très grande gaieté qu’ils n’oublieront plus jamais de leur vie et qui les laisse oublier leur lourd destin.

18 3 smily Homepage


Un nouveau projet de cœur (un parmi tant d’autres)
Chers amis, je voudrais vous montrer où la providence nous a envoyé quand il fallait quitter le bidonville d’Adjouffou il y a bientôt deux ans. Quand je cherchais un terrain je voulais absolument retourner dans un bidonville, mais ils se font tous raser ou sont trop loin d’Abidjan. Le destin a voulu que je trouve ce terrain là. Un terrain difficile, marécageux, mais je ne le voyais pas vraiment, je ne regardais que le village qui se trouvait juste derrière nous, un village qui s’appelle « Odoss ».

C’est donc le village qui se trouve dans notre dos. Aziz et moi sommes allés à la rencontre des chefs du village et du président des jeunes. Nous leurs avons demandé comment vivait la population, l’état de santé et si nous pouvions aller les visiter pour que nous puissions nous rendre compte des besoins en priorité. Nous étions les bienvenus et croyez moi, il n’est pas facile d’exposer la misère et la pauvreté de son village.

Une grande majorité des habitants est trop pauvre pour aller se faire soigner à l’hôpital, ils restent donc chez eux ou vont chez des guérisseurs qui leurs donnent des herbes et des feuilles. Beaucoup de personnes âgées vivent seuls, originaires du Mali ou Burkina-Faso. Ils sont tellement pauvres qu’ils n’ont jamais assez à manger et vivent grâce à l’entraide de leurs voisins de la cour où ils vivent, qui leurs donnent une part de leur nourriture. Eux-mêmes n’ont pas beaucoup, mais dans ces quartiers pauvres on sait encore partager, la solidarité existe.

Ensuite il y a beaucoup de personnes âgées et malades qui souffrent d’importantes plaies et qui sont couchées sur le sol, incapable de se déplacer pour venir chez nous. Le vieux monsieur de 75 ans de la photo a dû être amputé, il souffre d’un diabète inconnu, donc non-soigné, ce qui l’a mis dans cet état-là. Et il y a des veuves avec des enfants qui se couchent le soir en ayant faim. Pour moi ces sont des priorités !

18 3 der Patient Homepage       18 3 der Patient Bein Homepage

Nous enverrons donc nos soignants dans ce village pour faire des pansements, donner des kits de nourriture aux veuves et aux personnes âgées qui ont faim et surtout pour faire savoir à tout le monde de venir chez nous pour se faire soigner. Et il n’est pas bien difficile d’acheter à ce vieux monsieur un matelas, afin qu’il puisse dormir plus confortablement, de faire son pansement et de traiter son diabète. Mais tout d'abord nous allons le prendre chez nous à l’hôpital, s'il est d’accord. On va lui donner une bonne douche, des vêtements propres, des couches et un nouveau pansement quotidiennement.

Je suis heureuse de pouvoir retourner sur le terrain, juste derrière notre Centre, heureuse de rencontrer les habitants chez eux, car l’accueil qu’ils nous réservent est tellement chaleureux et gentil, ça fait chaud au cœur. Et ce n’est pas parce que nous leurs proposons de l’aide, qu’ils nous souhaitent la bienvenue. Ils nous font asseoir sur la seule et unique chaise, ils nous préparent du thé ou nous offrent de l’eau, c’est la tradition et la culture de bien recevoir tout le monde sans aucune distinction. Je les aime profondément ces être humains si pauvres, car ils ne se plaignent jamais, ils ont confiance, ils se contentent de ce que Dieu leur accorde et ils sont reconnaissants du moindre sourire, des moindres gestes qu’ils reçoivent. De se rendre compte qu’ils sont importants pour quelqu'un, que cette personne se déplace pour se soucier de leur bien-être est pour eux juste inimaginable. Avec une immense dignité ils acceptent leurs vies.

18 3 canal village Homepage       18 3 audoss3 Homepage

18 3 village bis Homepage 3

Donc chères donatrices, chers donateurs, je vous remercie du fond de mon cœur de votre aide, de votre compassion et de la confiance en notre cause. Merci de nous donner la possibilité de vivre cette vie-là. Merci, car grâce à vous une partie du monde est meilleure et des milliers d’êtres humains ont un tout petit espoir à une vie plus clémente. Que Dieu vous garde, je vous embrasse très fort

Lotti LATROUS