• © Tomas Wüthrich

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Je suis très heureuse de pouvoir écrire cette lettre moi-même cette fois ci. Je m’appelle Valérie Keller et je travaille depuis 13 ans pour la Fondation Lotti Latrous comme responsable commerciale. J’ai pu passer trois semaines en juillet au Centre l’Espoir à Grand-Bassam et en aucun cas j’aurais voulu manquer ces moments inoubliables.

« Ecolo, écolo - la colonie de vacances ! »
Ils étaient 40 enfants qui attendaient de nouveau cet évènement majeur des activités du Centre et ça pour la cinquième fois consécutive. Parmi eux des enfants vivant en dehors du Centre dans une extrême pauvreté qui étaient invités pour participer à des moments de grand bonheur. Ils ont décoré le Centre, ont fait des travails manuels, des danses, des activités sportives, tout ce qui peut réjouir des enfants était organisé. Et ils étaient tous là, les enfants dont Lotti vous raconte à chaque fois, comme la petite Marie-Noëlle, notre bébé, que vous avez connu dans la dernière lettre, suçant son pouce ou dormant dans son baby chair. Et les moyens, ces petits « sauvages » entre quatre et huit ans. Avec des yeux tout brillants ils attendaient les activités du jour, mais souvent ça ne finissait pas comme prévu ; on les voyait courir comme des fous dans le jardin, tellement heureux que nous abandonnions toute autre tentative d’explications, juste trop heureux d’être témoins de leurs bonheurs.

Finalement nous pouvons vous présenter certains enfants qui se sont maquillés et badigeonné le corps avec des couleurs fait maison et nos petites lampes toutes colorées que nous avons fabriquées pour la soirée lumière organisée par Lotti, où elle leur lisait des histoires et racontait des contes.

Peinture corps groupe 3 Homepage        Laternen 2 Homepage

Feuer 1 Homepage    Bintou et Marie Noelle Homepage
Un grand feu a été fait pour griller des marshmallows                                                                            Bintou et Marie-Noëlle


Très intéressant était la grande sortie en bus pour aller dans un village de brousse au bord d’une lagune où les enfants ont pu passer toute la journée entrain de patauger et nager. Le bonheur était grand. Extrêmement choquant était pour moi de voir les centaines de bidonvilles sur notre route – comme je suis reconnaissante que les enfants puissent vivre dans ce beau Centre l’Espoir à Bassam.

Clarisse
A côté de ces deux semaines d’intense bonheur nous étions confrontés à un très grand chagrin. Clarisse a été déposée par sa tante en mois de janvier et cette petite jeune fille de 12 ans devait, étant donné qu’on suspectait une tuberculose à cause de sa toux et de ses fièvres, être isolée pendant deux semaines dans la chambre isoloir. Grande était la joie, lorsque les trois analyses se sont relevées négatives et qu’elle ne souffrait « que » du SIDA. Cette maladie mortelle, qui devient une maladie chronique dès qu’elle est bien traitée comme chez tous nos enfants du Centre. Clarisse a donc pu quitter son isolation, elle était accueillie comme il se doit à l’orphelinat où elle intégrait la vie des autres et où elle pouvait aller à l’école.

Mais ce bonheur ne durait pas longtemps, son SIDA se réveillait de nouveau. Mal traité ou souvent pas traité du tout ce virus était devenu multirésistant et il n’y avait plus aucun traitement qui pouvait lui permettre de survivre. Elle avait de nouveau 40 de fièvre, tous les jours, perdait du poids à une allure inquiétante, les diarrhées et les plais dans la bouche commençaient et elle n’arrivait plus à manger. Lotti m’avait écrit fin juin qu’elle n’était pas sûre que nous allions trouver Clarisse vivante à notre arrivée. Puis qu’elle ne viendrait pas personnellement me chercher à l’aéroport si Clarisse devait mourir cette nuit-là.

Lotti était à l’aéroport et pour moi le mourir est devenu un très grand mystère. Est-ce que Clarisse ne voulait pas partir, ou ses frères et sœurs, y compris les nounous et Lotti ne voulaient pas la laisser partir ? Elle voulait peut-être attendre la fin de la colonie de vacances ? Elle participait à toutes les fêtes et joies dans sa chaise roulante, mais on ne voyait plus de petite flamme de la vie dans ses yeux, si triste, si fatiguée, si épuisée qu’elle était.

Le seul endroit où elle se sentait à l’aise était dans la petite chapelle du Centre. Lotti lui a mis un matelas et une moustiquaire. Lotti passait de nombreuses nuits avec elle dans cette chapelle, blotti l’une contre l’autre et les enfants et Madame Valérie, la pédagogue, organisaient des chants et prières tous les soirs qui, enfin, permettaient à Clarisse de s’endormir paisiblement pour quelques heures. Mon petit papillon l’appelait Mme Lotti tendrement. Les enfants y pouvaient demander des prières. Souvent ils demandaient à Dieu d’avoir pitié de Clarisse, afin qu’IL abrège sa souffrance qu’IL la prenne pour lui permettre de trouver la paix. Et même pour vous, chères donatrices, chers donateurs, des prières de remerciement et de bénédiction à votre égard ont été dit, car les enfants savent que c’est à cause de vous qu’ils sont vivants et tant aimés. Ces soirées dans cette petite chapelle aux lumières des bougies étaient merveilleuses, mais aussi très douloureuses, car souvent j’avais envie d’hurler : « Ce n’est pas juste qu’un enfant comme elle doit autant souffrir ! » Clarisse est devenu pour moi l’emblème de tous les enfants qui souffrent dans le monde.

Elle est restée jusqu’à la fin de la colonie, même quelques jours de plus. La nuit avant notre retour en Suisse je suis retournée auprès d’elle pour lui dire au revoir, ce qu’elle me disait aussi avec un beau sourire. Et enfin elle a pu s’endormir définitivement, ce premier août. Nous tous, les enfants, Lotti, les nounous et le personnelle l’ont accompagné jusqu’au bout.

190625 Clarisse Davila Adama Homepage
Au centre Clarisse avec Davila et Adama - Repose en paix, petit papillon


Maman Lotti
Elle aurait dû s’occuper beaucoup plus de moi, m’écrivais Lotti, après mon départ. C’est vrai, je ne l’avais pas vu souvent. Tôt le matin vers 5 heures déjà elle était chez Clarisse pour lui tenir compagnie quelques heures en la promenant dans sa chaise roulante. A huit heures elle a ouvert son bureau jusqu’ à midi, elle allait directement chez Clarisse, et les soirs après ses journées au bureau elle passait tout son temps avec Clarisse, car la petite fille semblait trouver un peu de repos et calme uniquement dans ses bras. Pour nous c’était totalement claire que Lotti avait sa place auprès de Clarisse, comment j’aurais pu me plaindre de ne pas la voir souvent. Sûrement pas ! Je me suis d’ailleurs inquiétée, car je ne savais pas d’où elle prenait la force pour tout ça. Le matin je trouvais un délicieux petit déjeuner préparé très tôt par Lotti, et tous les autres étaient tellement bienveillant avec moi. Aziz me montrait un peu la ville, il m’amenait au bord de la mer, et partager une bonne bière fraiche avec lui en discutant m’ont appris à très bien le connaitre et je dois dire que je l’apprécie beaucoup, notre Papa Aziz. Le médecin chef s’est occupé de mes petits bobos en me racontant la mort de son petit garçon, et tous les autres m’entouraient avec tellement d’amour et de joie. Le personnelle, eux tous me remerciaient de l’aide depuis la Suisse, cette aide qui leur permet de gagner dignement leur vie et ces remerciements vont de nouveau vers vous, chères donatrices, chers donateurs.

Depuis tant d’années je transmets les écrits de Lotti, je vois des photos, depuis tellement longtemps je l’entends parler de cet amour et cette joie qu’elle éprouve au Centre que je suis tellement heureux d’avoir pu connaitre personnellement.

Et les enfants, ces merveilleux enfants ! C’est comme si on était tombé amoureux de chacun d’eux. L’amour nous arrive en courant et on est plus que prêt de le donner en retour.

Que puis-je dire encore ? Ah oui, Marie-Jeanne, Caro et Léa, les grandes filles, avec leurs belles voix. Le sérieux avec lequel Abel, le grand, choisit un psaume, le soir dans la chapelle, que Mme Valérie et nous tous développions. Bamagooooo, ce magnifique jeune garçon qu’à son arrivé il y a once ans a été mis dans un œuf de Pâques et qui est devenu leur mascotte. Emmanuel qui m’appelait « Mia–Mamma-Mia », Adama, ce jeune homme calme et humble, timide et réservé, à chaque fois qu’il donnait un de ses beaux sourires j’étais heureuse. Bintou, qui trouvera son chemin, Davila et Deborah, âmes sensibles, la petite Valérie, de qui j’ai su gagner la confiance, Josias ce gamin rigolo, Abraham timide et sensible et Khalifa le danseur étoile, eux tous et tous les autres que je ne peux citer ici.

Bamago 2008 Schoggi Ei Homepage   Bamago Homepage
Bamago dans l’œuf de Pâques il y a once ans...                                                                                    ...et aujourd’hui


Chères donatrices, chers donateurs, je vous remercie du fond du cœur de votre aide et soutien. C’est grâce à vous que Lotti et ses employés peuvent accomplir leur travail qui permet à des milliers d’êtres humains de trouver de l’aide et du soutien dans ce petit paradis.

Recevez mes meilleures salutations
Valérie Keller

Groupe Colonie Aziz 3 Homepage